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Le Rwanda relance le fantasme d'une Silicon Valley africaine

Publié le 10 décembre 2018

Après avoir déjà accueilli la première plateforme mondiale de commerce électronique pour l’Afrique, le Rwanda annonce la construction d’un futur hub de l’innovation digitale de 70 ha dans sa capitale. La Kigali Innovation City sera une première continentale.

Plus qu’un moteur de sa renaissance économique, les nouvelles technologies constituent aujourd’hui le produit d’appel marketing du Rwanda, nation 3.0 symbole d’une Afrique connectée et entrepreneuriale où le digital s’est imposé comme un besoin primaire. Dans la capitale Kigali, où se construisent les fondations d’une start-up nation, les entrepreneurs high-tech en herbe se retrouvent au kLab, fleuron de la Tech sociale d’Afrique de l’Est décryptée par My Chic Africa. Dans cet environnement propice aux échanges et à l’émulation collective, la création est essentiellement virtuelle, que ce soient des sites internet, des services par sms, ou des applications pour smartphone.

Pas étonnant que le géant Alibaba ait choisi le Rwanda pour lancer fin octobre eWTP Africa (WTP pour World Trade Platform), la première plateforme mondiale de commerce électronique pour l’Afrique. Elle permettra notamment la commercialisation de produits locaux sur le réseau d’Alibaba. Du jamais vu sur le continent.

Un stimulateur de l’innovation en Afrique

Autre première africaine pour le pays des milles collines, la construction annoncée d’un futur hub panafricain de l’innovation, la Kigali Innovation City. Porté par un partenariat public-privé entre le gouvernement et Africa50 – une plateforme d’investissement dans les infrastructures fondée par la Banque africaine de développement – le projet devrait booster le processus régional de transformation digitale.

La Kigali Innovation City (KIC) accueillera des universités, des entreprises technologiques, des entreprises de biotechnologies, des entreprises de retail et même des installations résidentielles sur 70 hectares. Elle devrait créer plus de 50 000 emplois par an et « aider à stimuler l’écosystème de l’innovation dans l’une des plus grandes villes du savoir en Afrique« , a annoncé la BAD lors du récent Forum sur l’investissement en Afrique de Johannesburg.

Le Ghana et le Kenya ont déjà aussi essayé

« Il s’agit d’un effort novateur, le premier du genre sur le continent », assure le Premier ministre rwandais, Edouard Ngirente. Le chef du gouvernement rwandais oublie peut être que ce n’est pas la première fois qu’un pays africain tente d’ériger une Silicon Valley continentale. En 2013, à la veille de la fête de l’indépendance du Ghana, une équipe de développeurs ghanéens dirigée par Roland Agambire, PDG de la société de technologie locale RLG Communications, avait annoncé la sortie de terre d’un centre technologique ultra moderne à Prampram, dans la banlieue d’Accra.

Idem au Kenya, où la Silicon Savannah de la Konza Techno City, une métropole intelligente axée sur l’informatique approuvée par le gouvernement en 2008, n’est restée qu’un projet. Pour l’instant. La Kigali Innovation City fait elle partie du programme de développement Vision 2020 du gouvernement, ainsi que de la Stratégie nationale de transformation 2017-2024.

Elle vise officiellement à établir le Rwanda comme une économie de la connaissance compétitive au niveau mondial. Un pas de plus vers l’avènement programmé d’une Afrique innovante et créative, qui devra aussi répondre au défi parallèle du développement durable de ses infrastructures et de son industrie.