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Ayok’a : l’art africain contemporain dans votre quotidien

Publié le 17 mai 2018

Bienvenue dans le monde éclectique et captivant d’artistes africains, dont les créations peuvent désormais se décliner en produits dérivés de tous les jours. Bienvenue dans le pari de Ayok’a, une nouvelle plateforme de démocratisation de l’art contemporain africain.

Certains manques peuvent se transformer en de jolies initiatives. Ivoirienne de naissance, Alice Gbelia s’énervait de ne pas trouver de jolies affiches à exposer dans son appartement. Cette ancienne étudiante de Sciences Po cherchait des reproductions d’œuvres qui célébraient ses racines africaines tout en étant très contemporaines et modernes. Ne trouvant pas son bonheur sur la Toile, cette expert du web, qui a travaillé quinze ans dans la gestion de contenus pour de grandes firmes comme Motul, Sky ou Ebay avant de fonder un magazine culturel centré sur l’Afrique et les Caraïbes intitulé Catch a Vibe, décide alors de lancer sa propre plateforme.

La plateforme est Baptisée Ayok’a, traduisez « bienvenue » en Bété, le peuple ivoirien dont Alice Gbelia est originaire. Son objectif est de promouvoir l’art africain auprès d’un public le plus large possible. Les 27 artistes sélectionnés ont des styles très différents les uns des autres. Rahana Banana peint des portraits colorés de femmes noires. Diana Ejaita utilise des éléments de l’ancienne symbologie nigérienne. Lady Kady illustre des livres pour enfants et Lungile Mbokane est un graphiste plusieurs fois récompensé pour ses créations.  Les œuvres sélectionnées par Ayok’a sont reproduites sur plusieurs types de support. Affiches, T-shirts, cartes à poster ou coques de téléphones… Tous les moyens sont bons pour mettre en avant des artistes souvent mal connus du grand public, y compris proposer un esthétisme et une créativité artistiques uniques pour une large fourchette de prix.

L’Afrique est un arbre aux fruits mûrs

Pour promouvoir sa plateforme, Alice Gbelia est très active sur la Toile avec une présence sur Facebook, Twitter, Pinterest et Instagram. Son blog est également très suivi. Ayok’a compte aussi sur le bouche-à-oreille pour assurer sa promotion. « Nous sélectionnons les artistes noirs les plus talentueux et les plus inspirés du moment, souligne le site. Vous choisissez l’œuvre que vous aimez et vous la faites imprimer de la manière dont vous le souhaitez : sur une affiche, une coque de téléphone ou un t-shirt. Vous allez la chérir pour toujours, en tombez amoureux encore et encore et dire à un ami de dire à un ami. C’est aussi simple que ça… ».

Alice Gbelia a toutefois dû enfoncer quelques portes fermées à double-tour avant de lancer son site de vente en ligne. « Ne vous laissez pas abattre car vous allez rencontrer beaucoup de défaitistes, expliquait-elle dans un entretien à Secret Birds. Vous allez entendre que votre produit est sur une trop petite niche ou que le marché n’est pas assez grand. On va vous contester et vous accuser parfois de faire du « racisme à l’envers » car vous choisissez de vous concentrer sur votre communauté. Ces voix vous feront douter de la viabilité de votre projet. Ne les écoutez pas : croyez en votre vision, travaillez dur, proposer un produit imbattable et vous allez trouver votre public. »

L’Afrique est un arbre dont les fruits ne demandent qu’à être cueillis selon elle. « Le consommateur noir est négligé, juge t-elle dans Janet’s List. Les grandes entreprises ne s’en préoccupent pas trop. Mais c’est une bénédiction cachée pour les entrepreneurs noirs. Si vous cherchez une idée, regardez juste les produits et les services que vous utilisez chaque jour et qui ne correspondent pas vraiment à vos goûts ou à vos besoins et voyez si vous pouvez faire mieux. Et vous réalisez alors qu’Ayok’a a fait la même chose avec l’art abordable. » Le premium n’est pas qu’une affaire de prix.