This page needs JavaScript activated to work. style>

Quand Dakar rime avec art

Publié le 17 mai 2018

C’est LE rendez-vous incontournable de l’art africain contemporain. La treizième Biennale de Dakar, Dak’Art, s’est tenue du 3 mai au 2 juin dans la capitale sénégalaise, entre expositions officielles et rendez-vous plus informels organisés aux quatre coins de la ville.

Le thème retenu pour l’édition 2018 était « L’heure rouge », un hommage au père de la négritude, Aimé Césaire pour qui cette « heure » était une évocation de l’émancipation, de la liberté et de la responsabilité. Le Rwanda et la Tunisie ont été mis à l’honneur cette année. La manifestation officielle a accueilli soixante-quinze artistes qui ont été choisis parmi les cinq cent dossiers de candidatures reçus par le comité international de sélection. Une stricte parité entre les hommes et les femmes a été respectée par les juges. Sur les trente-trois pays représentés, vingt-quatre étaient du continent africain (Afrique du Sud, Angola, Bénin, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Ghana, Kenya, Maroc, Sénégal, Tanzanie, Tunisie et Zimbabwe) et neuf de la diaspora (Belgique, Cuba, Etats-Unis, Haïti, Jamaïque, Martinique et République Dominicaine).

La moitié des artistes distingués avaient été invités par le directeur artistique de cette Biennale, Simon Njami, un écrivain, essayiste, critique d’art et commissaire d’exposition originaire du Cameroun. Le Grand Prix Léopold-Sédar-Senghor a, cette année, été décerné à Laeila Adjovi, une photographe franco-béninoise qui vit à Dakar depuis 2010, pour une série de photographies intitulée « Malaïka Dotou Sankofa », un personnage de fiction. L’exposition principale de Dak’Art s’est tenue dans l’ancien palais de justice, un bâtiment de 1958 qui devait être démoli mais qui a été en partie rénové.

Dak’Art, un théâtre d’expression unique

La plus ancienne biennale d’art contemporain en Afrique est aussi l’occasion de découvrir des artistes moins connus qui présentent certaines de leurs œuvres un peu partout dans la capitale. Le « off » accueillait cette année pas moins de 251 vernissages dont 60 durant la seule après-midi du 5 mai. Au total, 320 sites ont été utilisés pour abriter les travaux de 1000 artistes répertoriés. Agit’Art a choisi les ruines d’un ancien marché pour accueillir les visiteurs. Ce collectif, qui est un lieu d’expérimentation installée à Dakar depuis 1974, a organisé cette année un projet baptisé « La Cloche des Fourmis » qui comprenait notamment une exposition, un concert, des performances, des films et des actions citoyennes. Cette diversité est une des forces de Dak’Art. Peintures, sculptures, vidéos, installations… Tous les supports sont bons pour exprimer la créativité débordante des exposants. Alors si vous avez raté le 13ème édition de la Biennale de Dakar cette année, ne manquez pas le prochain rendez-vous qui devrait se tenir en 2020…