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Une grande toile sur la Toile pour le cinéma africain

Publié le 30 novembre 2018

Depuis le 15 novembre et pendant un mois, la première édition du Festival en ligne du film africain offre, via une plateforme de streaming, une exposition internationale à une trentaine d’oeuvre du septième art du continent. L’évènement constitue une première.

Les festivals de cinéma en ligne ne sont encore peut-être qu’un embryon de tendance, ils existent déjà. Par contre, un festival du 7ème art sur la Toile entièrement dédié aux films africains, c’est une première. Pensé, impulsé et organisé par un entrepreneur culturel franco-sénégalais de 26 ans, Jean Fall, le Online African Film Festival offre une nouvelle vitrine internationale aux oeuvres cinématographiques d’un continent qui héberge quand même Nollywood, deuxième plus gros marché mondial de la production.

Depuis le 15 novembre et pendant 30 jours, l’OAFF met en avant une trentaine d’oeuvres, que ce soient des courts métrages, des fictions ou des documentaires. Les cinéphiles intéressés par le cinéma africain peuvent accéder à la programmation via une plateforme de streaming accessible pendant la durée du festival. Le prix ? 8 euros ou son équivalent dans une quinzaine de pays en Afrique, mais aussi en Europe et en Amérique. Pour avoir une idée de la qualité des films en sélection officielle, une des cinq catégories du festival, sachez que »Ali, la chèvre & Ibrahim » de l’Egyptien Sherif El Bendary, « Félicité » du Sénégalais Alain Gomis (Grand prix du jury à la Berlinale 2017), « I am not a Witch » de la Zambienne Rungano Nyoni ou bien encore « Les Initiés » du Sud-Africain John Tengrove sont en compétition.

« L’ambition est d’implanter les films africains dans les salles de cinéma et de les promouvoir. Pour cela, nous avons décidé d’aller plus loin, de sortir de l’Ile-de-France et de la France en créant ce festival en ligne. La culture est un bon moyen de changer les choses et d’avoir un impact réel sur les mentalités« , explique Jean Fall, fondateur de l’association Cinewax, organisateur de l’OAFF, qui a bénéficié d’un lancement officiel dans une dizaine de pays. L’industrie de l’entertainment explose en Afrique et sa créativité audiovisuelle n’a jamais autant mérité d’être exposée. Pourtant, lors du dernier Festival de Cannes en mai dernier, le continent était une fois encore sous représenté à la Grand messe mondiale du cinéma.

« La ligne directrice de cette première édition se résume en un mot, « africanité. Mais aussi à une question: qu’est-ce qu’être Africain aujourd’hui? », détaille Jean Fall. Cette question de l’affirmation identitaire par la créativité artistique constitue aujourd’hui le premier moteur de l’explication créative en Afrique. My Chic Africa a pu le constater au Sénégal, en Côte d’Ivoire et plus encore au Kenya, où la scène artistique vibre de sa propre introspection identitaire.

« La promotion des films africains est une vraie problématique et cette plateforme numérique est un moyen de s’affranchir de toutes les barrières, a confié à Geopolis Afrique l’actrice et productrice française France Zobda, membre du jury qui départagera les longs métrages de fiction. Ma présence est le symbole d’une passerelle, d’une transmission de l’ancienne à la nouvelle génération. Il est temps qu’on fasse ce lien. J’ai l’impression que moi, je connaissais mes aînés, mais que ce n’est pas le cas de mes cadets. Il est temps qu’on se donne la main et qu’on fasse une vraie passation. »