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Plus qu'un musée, une ode africaine à la culture pour tous

Publié le 21 septembre 2018

Ouvert en octobre 2017 juste à côté du Jardin Majorelle, le Musée Yves Saint-Laurent s’est installé comme une attraction touristique inévitable de Marrakech. Conçu comme un lieu vivant, il constitue surtout un centre culturel qui ouvre grand les portes de la culture. 

Mises en lumière comme des bijoux dans une salle d’un noir profond, 50 créations déclinent des thèmes chères à Yves Saint Laurent, comme l’Afrique et les voyages imaginaires. Mais dans sa raison d’être, son âme, le Musée qui lui rend majestueusement hommage à Marrakech n’est pas juste là pour exposer les smokings noirs, la cape Bougainvillier inspirée par le jardin Majorelle, les vestes brodées Van Gogh et la célèbre robe Mondrian du génial créateur. Etre un centre culturel accessible à tous, qui par l’union veut ouvrir grand les portes de cette culture qui, comme disait André Malraux ne s’hérite pas mais se conquiert : depuis son ouverture en octobre 2017, le Musée Yves Saint-Laurent de Marrakech assume son autre mission sans temps mort.

Nourrir un besoin artistique libéré des frontières et barrières socio-économiques, c’est pour l’institution le plus bel hommage qu’elle peut rendre à l’influence inspiratrice de Marrakech et du Maroc sur l’oeuvre et la personnalité d’Yves Saint-Laurent, tombé amoureux de la cité ocre en 1966. Conçu « comme un lieu vivant« , dixit Bjorn Dahlstrom, le directeur, et pas comme un mausolée à la mémoire du styliste visionnaire – qui très tôt avait compris le pouvoir de transmission de la conservation, le musée rassemble touristes et locaux.

Gratuité inédite pour « Les Marocains » de Leila Alaoui

À deux pas du Jardin Majorelle, dans un bâtiment esthétique et immersif de 4 000 m2, il n’y a plus de nationalités ni de cibles. Juste des curieux, des passionnés, des néophytes, des avertis. Une passerelle entre deux mondes. Un appel à la sérénité par l’émotion. Celle que suscite la culture quand elle fédère avec générosité. Dans son antre envoutant, le Musée Yves Saint-Laurent abrite à la fois un espace d’exposition permanente de 400 m2, présentant l’œuvre d’Yves Saint Laurent dans une scénographie de Christophe Martin ; une salle d’exposition temporaire; une bibliothèque de recherche rassemblant plus 5000 ouvrages ; un auditorium de 150 places ouvert aux évènements ; une librairie ; et un café avec terrasse.

Il ne s’agit pas seulement de célébrer l’héritage d’une oeuvre mais d’être un appel œcuménique permanent à la culture. L’ouverture. La pluralité. Pour la première fois, la Fondation Jardin Majorelle a d’ailleurs souhaité réserver un accès gratuit à la salle d’exposition temporaire pour partager avec le plus grand nombre, notamment Marrakchis et Marocains, le regard de asur ses concitoyens. Du 30 septembre au 5 février 2019, l’exposition « Les Marocains » va présenter une trentaine de portraits, dont certains inédits, de la photographe marocaine, tragiquement décédée après l’attentat de Ouagadougou, le 15 janvier 2016.

Des regards qui accompagnent pendant longtemps

« Il n’y a rien chez elle de l’image volée. Le studio mobile qu’elle emporte avec elle dans son road trip marocain ne laisse personne ignorer ce qu’elle attend de ses modèles: qu’ils prennent la pose, pour employer une formule un peu surannée, mais qui a le mérite d’inscrire la série de la jeune photographe dans un très long flux d’images, dans une pratique séculaire. D’œuvre en œuvre, retient-on surtout des visages, des regards. Des regards qui nous accompagnent longtemps après les avoir observés« , commente Guillaume de Sardes, écrivain-photographe et commissaire de l’exposition.

Avec également ses conférences sur l’art et ses cycles cinématographiques gratuits, le Musée Yves Saint-Laurent de Marrakech valorise la culture en la mettant à disposition de celui qui la cherche. Parce que l’Afrique de la culture ne doit rien avoir à envier à celui qui a envie.