This page needs JavaScript activated to work. style>

Babylonstoren, un retour aux sens entre vignes et jardins

Publié le 03 décembre 2018

En dix ans, la ferme de Babylonstoren, où jardins et vignes cohabitent dans un décor impressionniste, est devenue une attraction touristique de la région du Cap. Elle propose même désormais une expérience « do it yourself » de conception d’huiles essentielles. My Chic Africa a essayé.

En révoquant l’Edit de Nantes en 1685, Louis XIV ne se doutait sans doute pas que son intolérance religieuse, nourrie par une logique politique (en tout cas la sienne), exporterait l’art français de la vigne à la pointe extrême de l’Afrique du Sud, où depuis trente ans sont alors installés des colons envoyés par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales.

En arrivant au Cap, le millier de huguenots fuyant les persécutions amènent dans leurs valises des pieds de vigne et un savoir-faire qui, 300 ans plus tard fait de Cape Winelands le 7ème producteur mondial de vin. Et une richesse patrimoniale africaine unique. C’est là, au pied de Simonsberg Mountain, entre Paarl et Franschoek, à une heure de la Mountain Table du Cap que Babylonstoren s’est imposée depuis 2007 comme une attraction touristique incontournable sud-africaine.

Joyau de jardin potager et fruitier, le lieu est situé sur un domaine de 200 ha aménagé il y a dix ans par le paysagiste français Patrice Taravella, créateur du splendide Prieuré Notre Dame d’Orsan. Dans un décor bucolique et idyllique, Babylonstoren abrite une ferme, une auberge haut de gamme, deux restaurants (dont un dédié entièrement aux dégustations de vin), une serre, une boulangerie, une charcuterie, une cave, un hôtel, quatre hectares de vergers, potagers et jardins aromatiques ; et de belles demeures de style Cape Dutch en toits de chaume, au blanc aussi immaculé qu’une église grecque.

Une richesse incroyable de plantes et d’épices

Née en 1692 sous l’impulsion de Pieter van der Byl, qui reçoit en concession un petit morceau de terre au pied d’une colline en forme de cône, Babylonstoren a pris son ampleur touristique actuelle après son rachat en 2007 par Koos Bekker, magnat des médias, et Karen Roos, rédactrice en chef du « Elle Décoration » sud-africain. Depuis début novembre 2018, le couple ajoute une touche pédagogique « Do It Yourself » d’herboristerie et de naturopathie à la communion du lieu. 

En pénétrant dans le laboratoire-boutique cosy et ultra design du nouveau « Jardin des sens »- qui aligne ses huiles essentielles sur ses étagères en bois comme une bibliothèque ses livres, « vous réalisez que Babylonstoren est plus qu’un vignoble. Ici tout tourne autour du jardin, qui existait avant les vignes. Nous avons une richesse incroyable de plantes et d’épices qui nous permet de fabriquer des huiles essentiels thérapeutiques que nous vendons », nous explique Darrel, une des deux vendeuses.

Redécouvrir l’essence honnête et l’honnêteté des sens

Derrière l’immense baie vitrée qui sépare l’espace de production du magasin, où chaque curieux peut prendre quelques minutes pour concevoir lui-même son propre flacon, une employée enfourne la lavande dans l’extracteur. « Le processus dure 20 minutes environ, le temps que l’eau boue. Celle qui reste après l’extraction, on s’en sert pour faire des masques pour le visage », décrit Darrel. Pour l’instant, le « Jardin des sens » se concentre sur la lavande, le geranium et le romarin, « mais on va bientôt étendre la fabrication à d’autres plantes. Dans le même temps on ouvrira l’espace de production au public car ici, c’est un vrai laboratoire « Do It Yourself » de l’huile essentielle », précise Darrel.

Pour concevoir votre propre exfoliant à Babylonstoren, il vous faudra trois minutes. Par exemple, mélangez du miel, du sucre de canne, du sel d’himalaya, de l’huile d’olive, du café, de la cannelle , du charbon, du rooibos, du pavot avec de l’extrait de romarin et en trois minutes vous avez votre huile essentielle. La kaolin et l’eau hydraulique peuvent aussi servir d’ingrédients. En rachetant Babylonstoren, Karen Roos et son mari voulaient en faire un domaine agricole rentable, moderne et vivant. Une ferme du futur capable de partager des expériences réelles avec ses visiteurs, pour  redécouvrir « l’essence honnête des choses ». Et donc aussi l’honnêteté des sens, comme ceux du Jardin.