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Nollywood, l’Afrique de l’entertainment est en marche

Publié le 25 juin 2018

Nollywood au Nigéria est aujourd’hui le deuxième plus important producteur mondial de films, devant Hollywood. Les opérateurs de vidéos à la demande (VOD) ont senti le filon dans une Afrique ultra connectée et séduite par l’entertainment.

Le cinéma coule dans les veines des Nigérians. Avec environ 4 milliards de dollars de revenus et près de 2000 films produits chaque année, l’industrie cinématographique du pays africain le plus peuplé (193,3 millions d’habitants) a dépassé le mastodonte Hollywood à une vitesse record. Les premiers long-métrages tournés au Nigéria ne datent que du début des années 80, avec « Living in Bondage » (« Vivre en servitude ») comme premier blockbuster local de référence (plus de 300.000 cassettes VHS vendues).

Mais pendant que la production prenait son essor, la distribution du septième art continental payait les fermetures massives de cinémas dans les années 80 et 90. Les salles jamais rénovées ont été transformées en garages, restaurants voire même en églises. Le succès de la VHS suivi par la croissance des DVD ont permis aux cinéphiles d’acheter à bas prix des copies de films pour les visionner à leur domicile.

Mais puisque rien ne vaut une bonne toile dans le noir, certaines villes comme Abidjan, Niamey, Dakar ou Douala ont récemment commencé à se doter de salles plus modernes. Des multiplex ont même été construits au Nigéria et en Afrique du Sud, attirant ces citadins plutôt aisés qui avec la croissance continentale constituent une cible alléchante pour les nouveaux cadors de la VOD inspirés par le succès international de Netflix (125 millions d’abonnés).

Logiquement c’est au Nigéria que s’éclatent ceux qui espèrent « être à l’Afrique ce que Netflix est au monde », dixit la blogueuse et ancienne mannequin Linda Ikeji.  Cette influenceuse incontournable aux presque 2 millions d’abonnés sur Instagram vient de lancer sa propre chaîne TV, LITV. Pour 1.000 nairas (2,3 euros) par mois, on peut se gaver de films, de séries et d’émissions inspirées des Etats-Unis. Linda Ikeji, devenue à 37 ans une femme d’affaire avisée, affirme avoir investi de sa poche un demi-milliard de nairas (1,2 million d’euros) dans son projet.

L.A. comme modèle de tourisme de divertissement

Le phénomène du « binge watching » débarque en Afrique et c’est toute l’industrie de l’entertainment qui peut en profiter. D’ici la fin de l’année, la société nigériane Envivo va elle aussi offrir un service de streaming, associée avec le groupe américain de télécommunication Cisco. Le Nigéria n’est pas le seul pays africain où apparaissent des plateformes en ligne locales de diffusion de films et de séries. Le Sud-africain Africa Magic Go propose une plateforme pour 8 dollars par mois. Le Kenyan BuniTV est encore moins cher avec son abonnement mensuel à 5 dollars.

L’essor de la VOD va sans aucun doute encourager le développement de l’industrie cinématographique dans l’ensemble de l’Afrique. La preuve, les productions locales sont déjà de plus en plus nombreuses. C’est vrai notamment au Liberia et au Ghana. Le plus important festival de cinéma du continent, qui se tient au Burkina Faso, atteste à chaque édition le succès des long-métrages continentaux. Forcément, ces réussites attirent de plus en plus de talents, tirant vers le haut la créativité. Pour le futur du septième art et l’industrie du divertissement, « sky is the limit » comme on dirait à Hollywood. Los Angeles a su en 60 ans construire un fantasme touristique unique pour devenir la capitale mondiale du divertissement. Ses successeurs sont en Afrique.