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Berceau des rythmes, l'Afrique adopte la musique électro

Publié le 11 septembre 2018

Deux ans après sa première édition, dans le cadre idyllique et intimiste de la Villa Janna, au coeur de la Palmeraie de Marrakech, le festival Atlas Electronic s’est imposé comme un rendez vous incontournable dans l’agenda artistique et culturel du Maroc.

Longtemps restée cantonnée au rang de musique d’initiés pour fêtards rois de l’after, l’électro est aujourd’hui aux millennials occidentaux ce que le rock était à leurs grands-parents. Ses DJ remplissent des stades et ses festivals façon Tomorrow Land sont des attractions quasi touristiques. Dans l’avènement d’un phénomène musical presque mondial, l’Afrique a réussi à trouver sa place. L’Oasis Festival n’était pas un mirage dans le paysage électronique marocain. En mettant en avant la culture et le folklore marocains et par extension africains, en explorant aussi ce choc de culture entre le Nord et le Sud, l’Orient et l’Occident, Atlas Electronic prouve que le continent a des choses à offrir à l’électro et ses amoureux. Initié par Karim Mrabti, ce festival aux allures de Burning Man intimiste adopte l’éclectisme et la diversité musicale comme leitmotiv.

Cette année, du 30 août au 2 septembre, ils étaient 2000 veinards à avoir profité de la Villa Janna, écolodge luxueux aux allures de Casbah traditionnelle mais construite en matériaux naturels (argile et foin). Parmi les 60 DJ présents, plusieurs noms des scènes électro mondiale et maghrébine se sont produits sur les quatre scènes du festival (l’Amphithéâtre, le rooftop Red Light radio, le Pool stage et la Secret room dédiée à l’Ambient) : DVS1, James Holden, John Talabot, Jamie XX, Funkin Even, Emeline Molly, Awesome Tapes from Africa, Bambounou, Pangea, Pearson Sound, le label Casa Voyager et Esa Williams, entre autres. Sans oublier les maitres de la musique Gnaoua et Sahraouie tels que le groupe Bana, le Maalem Houssam Guinia et Amazigh Blues.

« L’Afrique est le berceau des rythmes qui se sont exportés au fil de l’histoire à travers le monde »

L’électro arabo-prientale serait-elle devenue une tendance ? « C’est bien plus qu’une tendance, c’est un courant, un mouvement à part entière, plus global. Son potentiel est immense. Il permet aux artistes impliqués de briser ces barrières et laisser libre recours à leur imagination, interprétation et d’explorer encore plus leur potentiel créatif compte tenu de la richesse des mélodies et des rythmiques du folklore« , répond Badr Khiyat alias Dex Le Maffo, artiste émergent marocain de 31 ans connu pour ses sets folkloriques et occidentaux. DJ et producteur, le Rabati a mixé à l’Atlas. « Ce festival fait honneur au patrimoine folklorique marocain et africain« , explique-t-il à My Chic Africa.

« La fusion avec de la musique électro, du disco, du funk et du boogie des années 80 donne un cachet savoureux et particulier. La programmation artistique est pointue et diversifiée, sans oublier les expérimentations électroniques avec des ateliers de création artistique. Il y a aussi des sessions de yoga et de relaxation, des conférences et des expositions qui mettent en valeur l’artisanat local. Ce sont autant d’éléments qui prouvent que ce rassemblement artistique prône l’ouverture sur les cultures du monde. L’Afrique est le berceau des rythmes qui se sont exportés au fil de l’histoire à travers le monde« , poursuit Dex Le Maffo.

L’Afrique compte actuellement plusieurs noms qui se sont exportés avec leurs savoir-faire musical, que ce soit en production ou en performance de DJ. Les noms ? Black Coffee, Shimza, Culoe de song, Cee Elassaad, Dj FNX, Adil Hiani,  Hearthug, Kalden Bass, Deena Abdelwahed, Amine K, Kosh et Driss Bennis.  « L’avenir est prometteur pour la scène locale et africaine de façon plus globale, avec l’émergence des collectifs musicaux et de concepts de showcase musicaux pointues comme la Moroko Loko, la Hadra Electro, SQNC., les Aperos Electro« , ajoute Badr Khiyat.