This page needs JavaScript activated to work. style>

Dakar, après l'effort le réconfort

Publié le 17 mai 2018

La capitale du Sénégal offre une qualité de vie et un dynamisme qui expliquent son attractivité. Coup de projecteur sur Zena Zeidan, une productrice qui ne peut plus se passer de sa ville fétiche

Assise à la terrasse du Novotel de Dakar, elle prend une pause bienvenue au milieu d’une semaine surchargée. Une habitude pour cette femme d’affaires de 36 ans au calendrier de ministre, qui court entre les rendez-vous, avant de s’enfermer dans une salle de montage pour finaliser sa dernière production. Pendant ses temps-libres, elle aime sortir avec ses amis ou partir surfer sur les vagues dakaroises. Zena Zeidan n’a pas une minute à elle depuis qu’elle a crée en janvier 2013 Chouette Prod.

Cette française qui a grandi en Guinée et au Sénégal est retournée en France pour faire une école de cinéma (ESRA) et une formation d’animation qui lui ont permis de travailler pour des maisons de production. Ce parcours « idéal » l’a toutefois lassé après quelques années. « J’en avais marre de la grisaille parisienne, raconte t-elle. Je n’avais pas de vie. J’arrivais au bureau de nuit et j’en ressortais après le coucher du soleil. » Elle décide alors de tout plaquer pour s’installer au Sénégal, un pays qu’elle avait quitté alors qu’elle avait à peine sept ans.

Dès son arrivée, elle décide d’ouvrir sa propre maison de production, baptisée Chouette Prod. « Il y a cinq ans, tout le monde se débrouillait avec les moyens du bord, se rappelle t-elle. Les clients n’investissaient pas beaucoup d’argent dans la publicité car ils considéraient que ce marché n’était pas très compétitif. La guerre commerciale à laquelle se livrent les opérateurs téléphoniques, les banques et les marques de boissons a, depuis, changé la donne tout comme la hausse du niveau de vie de la population. »

Ndakaaru, c’est ne pas choisir entre devoir et plaisir

Les budgets plus élevés dépensés par les annonceurs ont permis à Chouette Prod de prospérer. Son tout premier film effectué par Total a même reçu un prix à l’African Cristal Festival ce qui lui a permis de se faire connaître en un temps record. « Nous tentons d’amener des standards internationaux sur le marché sénégalais, résume Zena Zeidan. Ce n’est pas toujours facile car il n’existe pas d’école de cinéma ou de photo dans le pays. Je suis donc souvent obligée de faire venir des réalisateurs de France. Il est aussi très difficile de trouver des techniciens qualifiés et ceux qui travaillent se sont formés sur le tas. Je me bats tous les jours mais le marché évolue dans le bon sens. Petit à petit, les gens acquièrent de l’expérience. Emmener dans le pays des gens de l’étranger permet aussi de former des locaux. » Récemment, Chouette Prod a ouvert un bureau à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Sa société s’est beaucoup développée en cinq ans et profite d’un dynamisme économique sans commune mesure. Elle produit des publicités, des films et même des dessins animés. Parmi ses clients figurent de grands groupes, des sociétés locales et des organisations non gouvernementales. Zena Zeidan ne regrette pas un instant d’avoir choisi de s’installer à Dakar. « Ce que j’aime bien ici, c’est qu’après le boulot on peut aller boire un verre au bord du lagon, raconte t-elle. Les gens sont plus cools et moins stressés qu’en France. C’est moi, la femme la plus stressée du Sénégal… ». La beauté de Ndakaaru (Dakar en Wolof) c’est de ne pas obliger à choisir entre devoir et plaisir.