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Kösem : la marque qui redonne un coup de jeune à l’éternel tarbouche marocain

Publié le 17 mai 2018

C’est un « monument » marocain qui commençait à se fissurer depuis quelques années. Elément incontournable du vestiaire chérifien, le tarbouche s’offre une cure de jouvence et redevient tendance.

Le tarbouche est ce couvre-chef masculin en feutre, souvent rouge. Avec sa forme de cône tronqué orné d’un gland noir fixé sur le dessus, ce bonnet sans bord originaire de la Grèce antique est aussi connu sous le nom de Fez. Deux amateurs de chapeaux passionnés d’art et de mode, Sara Hatimi et Ali Sbaibi, ont eu l’idée de remettre au goût du jour ce symbole de l’artisanat marocain.

L’idée de créer la marque Kösem leur ait venu lors d’une promenade en ville. Ce jour-là, la pharmacienne de formation et le diplômé en économie croisent à un feu rouge un cycliste habillé élégamment avec un très chic tarbouche sur la tête. « La scène de cet homme, en hauteur sur sa bicyclette, incarnant tradition et modernité a non seulement capté notre attention, mais a également suscité en nous des émotions: celles d’une fierté d’appartenance et d’un patriotisme fort, soulignaient les deux chapeliers dans un entretien accordé à « Le360 ». Cette anecdote annonçait pour nous le début d’une nouvelle aventure et d’une marque dont la devise sera: « La tête haute! ». » Les deux jeunes R’bati décident donc de redonner un coup de jeune à ce couvre-chef intemporel.

Même le Lion de l’Atlas porte le tarbouche

Ils font alors appel à des artisans expérimentés et talentueux pour fabriquer des Fez plus originaux les uns que les autres. Cuir à imprimé croco ou serpent, sequins rose bonbon, bleu électrique, orange, rose fuschia… La collection de Kösem ne passe pas inaperçue. Cette marque, qui porte le nom de l’épouse du sultan ottoman Ahmet Ier qui était une figure de premier plan durant le sultanat des femmes, s’inspire des voyages et des évasions réelles ou imaginées des deux créateurs. Son grand défi est de convaincre les femmes de porter un attribut traditionnellement réservé aux hommes. Pour encourager ses clients à faire tomber ce tabou, Kösem donnent des noms originaux à ses modèles : « Croc Power », « Purple Abyss », « Shining Armor », « Pinky Power », « California Dreaming »… Qui dit mieux ?

Le tarbouche redevient décidément tendance au Maroc. L’an dernier, l’artiste contemporain Ryad Mouline a exposé à la Villa des arts de Casablanca ses célèbres « bonhommes » coiffés d’un Fez rouge. Un jeune designer tunisien, Mohamed Kilani Tbib, surnommé Inkman, a, lui, dessiné comme mascotte pour la candidature du Maroc au Mondial 2026 un lion de l’Atlas portant un tarbouche rouge. La mode est un éternel retour aux sources remis au goût du jour…