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La classe en kimono africain

Publié le 25 juin 2018

Des tissus d’Afrique de l’ouest pour fabriquer des kimonos : pourquoi personne n’y avait pensé avant?

La coupe est reconnaissable au premier coup d’oeil. Les tissus sont identifiables dès la première seconde. Personne n’avait pourtant eu l’idée de fabriquer ces vêtements avec de telles étoffes. Erreur, grave erreur. L’artiste camerounais Serge Mouangue s’est associé avec le créateur japonais Kururi pour imaginer les premiers kimonos africains.

Fondée il y a près de dix ans, Wafrica s’est inspirée des cultures ouest-africaines et nippones pour créer la « troisième esthétique ». Le parallèle entre le kimono et les vêtements traditionnels africains – en particulier les boubous et la djellaba – est évident lorsque ces costumes sont placés côte à côte: des habits amples fabriqués avec une large pièce de tissu, des étoffes souvent colorées et ornées de motifs. La parenté saute aux yeux.

Pour ses modèles, présentés lors de nombreux défilés de mode et notamment à New York, Dakar, Bâle, Stockholm, Paris, Kyoto, Nairobi et Tokyo, Wafrica utilise principalement des tissus originaires du Sénégal et du Nigéria. L’actrice Victoria Abril a même porté un kimono labelisé sur les marches du Festival de Cannes l’année dernière.

Des modèles présentés dans le monde entier

Particularité intéressante, Wafrica ne se considère pas comme une entreprise commerciale à but très lucratif. Mais plutôt comme une réponse aux critiques qui jugent, un peu rapidement, que la mondialisation risque de priver les peuples de leurs racines culturelles. Le « village global » dans lequel nous habitons permet, au contraire, de sceller des unions de prime abord surprenantes, mais finalement très logiques. L’itinéraire de Serge Mouangue s’avère en être un symbole charismatique.

Installé à Tokyo en 2006, ce titulaire d’un diplôme d’architecture intérieure et de design de l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art (Ensaama) de Paris a notamment imaginé pendant plus de trois ans des concept-cars pour le groupe Nissan. Avant de rejoindre en 2012 sa maison-mère en France et de devenir le directeur de la stratégie de la marque du groupe Renault.

Wafrica symbolise également les liens de plus en plus étroits qui lient le continent africain au Japon. Lors de la sixième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad VI), qui s’est tenue à Nairobi les 27 et 28 août 2016, l’Empire du soleil levant s’est engagé à dégager une enveloppe de 30 milliards de dollars pour accélérer le développement de son partenaire historique et stratégique. Plus de 70 chefs d’entreprises nippons avaient fait le déplacement dans la capitale kenyane pour vanter le « Made in Japan ». Plusieurs grandes groupes comme Toyota, Mitsubishi, Sumitomo et Canon étaient présents afin de tisser des liens commerciaux avec des entreprises africaines. Lors de la prochaine Conférence qui se tiendra l’année prochaine à Yokohama au Japon, les hôtesses devraient porter des kimonos de Wafrica pour symboliser cette union.

Wafrica défile au Festival de Cannes 2018 portée par l’actrice espagnole Victoria Abril