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Lagon, sable blanc et adrénaline : 7 minutes de parachute au Kenya

Publié le 21 octobre 2018

Il n’existe qu’un seul club de parachute en Afrique de l’Est, il est à Diani Beach, au Kenya. Son décor de carte postale fantasmatique est unique au monde pour s’envoyer en l’air à 3600 mètres d’altitude. L’expérience mérite la dépense. My Chic Africa a testé.

Vue du ciel, la Terre est toujours plus belle. Vue d’un petit avion à hélice dont la porte coulissante est grande ouverte à 3600 mètres d’altitude, elle est encore plus somptueuse. La hauteur donne des ailes émotionnelles à la perception humaine de Dame nature. C’est comme si elle la drapait d’une humble somptuosité. Tellement majestueuse qu’elle ferait presque oublier un instant que dans quelques minutes, nos pieds seront dans la vide, nos fesses encore scotchées sur le métal blanc du coucou qu’on s’apprête à quitter, tête en arrière telle une queue de banane.

Trois, deux, un, impulsion. C’est parti pour le grand saut : 1 minute de descente en chute libre, 6 minutes de parachutisme au-dessus d’un des plus beaux lagons du monde et un atterrissage en douceur sur le sable blanc farineux du Diani Beach Club, où Gary Lincoln-Hope et son équipe ont installé le QG de Skydive Diani depuis quelques mois.

Il y a cinq ans, cet Anglais de 42 ans au physique de champion de cross-fit décidait d’ouvrir son club de parachutisme. Directeur d’une entreprise de sécurité de Mombasa, cet ancien parachutiste militaire, 13 ans de carrière dans l’armée britannique, était « en manque. Le parachutisme c’est ma passion et il n’y avait aucun endroit au Kenya et en Afrique de l’Est pour sauter facilement et régulièrement. J’ai donc d’abord ouvert le club pour mon propre plaisir« , nous raconte Gary, entouré par deux instructeurs expérimentés : lngvild, Norvégienne qui en deux ans a déjà cumulé plus de 1000 sauts en solo, et Angelo, ancien membre de l’équipe nationale croate de saut en parachute, installé à Diani Beach depuis janvier 2017.

La classe moyenne kenyane, première clientèle

Crise du tourisme locale oblige, les premières années furent commercialement compliquées pour la nouvelle attraction de la plus prisée des plages kenyanes. « Mais nous on sautait tous les jours, pour notre plaisir », s’amuse Gary, dont l’agenda est aujourd’hui beaucoup plus chargé : « Sur les quatre mois de haute saison nous avons entre 5 et 10 vols par jour ». La grande nouveauté pour ce converti au base-jumping, c’est que désormais 90% de sa clientèle est constituée de Kenyans, venus de Nairobi ou Mombassa, symbole de cette classe moyenne africaine en pleine croissance démographique et financière, avide de divertissement. Celui-là, il en donne pour son argent, 350 dollars quand même. Mais si vous n’êtes ni cardiaque ni vertigineux comme Scottie, le héros du « Vertigo » d’Alfred Hitchcock, l’expérience mérite la dépense.

Arrivé sur le perron du Diani Beach Club, une hôtesse vous accueille et vous installe sur une splendide terrasse aussi blanche que le sable visible dans le prolongement de la piscine adjacente. C’est dans ce décor de soirée guindée que Gary, Angelo ou Ingvild donne les instructions. Pendant ce temps, plusieurs employés s’occupent de préparer les parachutes et de charger le 4×4 qui dans dix minutes prendra la direction de l’aéroport. Arrivé au petit aéroport de Diani, aux apparats d’aérodrome, vous échappez aux contrôle de sécurité direction le tarmac. Là, votre instructeur vous passe le harnais pour s’accrocher à vous.

Atterrir sur le sable, le privilège de Diani Beach

Désormais il contrôle tout. Vingt minutes plus tard, une fois passé au-dessus des nuages, quand il restera trente secondes de vol avant l’aspiration, il vous serrera à lui comme une sardine de Kilifi. « Allez, on y va »: il est temps de se déplacer de 90% pour mettre ses deux pieds dans le vide. La tête est en arrière. Le vent claque sur votre masque. Chaque seconde dure une éternité. En-dessous de vous, à presque 4000 mètres, les vagues du récif, le vert et le bleu du lagon. »Mais qu’est-ce que je fais là. » Le coeur bat vite. Très vite. L’estomac est noué. Le temps s’arrête. L’instructeur donne l’impulsion. Bienvenue dans les airs. Il faut trois secondes pour réaliser et chasser la peur, qui laisse vite place au plaisir pur. Trois secondes d’apnée. Trois secondes qui vous marqueront longtemps.

Six minutes plus tard, après une séance de contemplation du paysage en parachute, votre fessier se pose sur le sable. C’est terminé. Enfin ? Non, déjà. « Il y a très, très peu d’endroits au monde où on atterrit sur le sable. C’est inégalable« , précise Gary, 5000 sauts au compteur.  « C’est bien simple, ce décor est unique. Ses couleurs, le calme du lagon protégée par le récif, c’est pour moi le meilleur endroit au monde  pour sauter en parachute« , ajoute le patron. Difficile de lui donner tort.