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Chez Khadija Aisha Ba, la tradition crée la modernité

Publié le 08 octobre 2018

Revenue à Dakar il y a sept ans après des hautes études en France, Khadija Aisha Ba s’est imposée en moins de deux ans comme une des jeunes stylistes à suivre de cette nouvelle génération de créateurs africains alliant tradition et modernité.

Parce que respecter son histoire c’est glorifier son présent, la nouvelle génération de stylistes africains raffole du mariage entre modernité et tradition. Il est au coeur de leurs créations. Demandez aux Ivoiriennes Alia Baré et Hélène Daba, ou à la sud-africaine Nandi Madida, dont My Chic Africa a déjà décrypté la philosophie. Comme Selly Raby Kane ou le duo Bull Doff, la trentenaire Khadija Aisha Ba, fondatrice de la marque l’Artisane, place le Sénégal sur la carte continentale de cette mode africaine tendance à l’international. Son style ? Faire revivre un héritage vestimentaire trop longtemps sous estimée. Et sous exploitée. L’inspiration est souvent plus près qu’on ne le pense, à portée de crayon.

« Ma famille a toujours été ma première source d’influence. Que ce soit leur style ou leurs histoires du Dakar des années 70, son architecture, son lifestyle, sa créativité. Pour moi c’est un âge d’or que j’essaye de faire renaître avec modernité« , explique la diplômée l’École supérieure de commerce et marketing de Paris, revenue à Dakar en 2010, cinq ans après avoir quitté Dakar pour la France. En parallèle de son activité professionnelle dans le marketing et la communication, la native d’Abidjan aide sa tante à tenir sa boutique, L’Artisan cordonnier. Chez Sere Sow, on y répare des sacs et des chaussures en cuir. C’est avec elle que l’an passé, Khadija lance sa propre marque, L’Artisane.

Inspirée par l’univers du cinéaste Djibril Diop Mambety, la jeune styliste allie coolitude alternative et élégance classique, sans jamais se départir des codes stylistiques sénégalais. Jouant avec le graphisme, les motifs, la coupe et l’ajout de détails plutôt ludiques, elle sait agrémenter ses créations de bijoux, d’accessoires en bronze ou de pièces de maroquinerie pour imposez un style.

« L’Afrique qui regarde ses traditions pour créer de la modernité »

Son travail pose une touche : le sac à main avec épingle à nourrice en guise d’anse, le tee-shirt en peau de sardine, les mules en sacs de riz, ou encore le boubou zébré en coton féminisé. Pour créer Khari, le nom de ce modèle inspiré par l’un des boubous traditionnels en basin de son grand-père, Khadija Aisha Baa a travaillé avec un tailleur pour à la fois reproduire le modèle original sur du coton et ajouter un travail de broderie sur l’encolure.

« Ce type de broderie, qu’on appelle damina, est typiquement sénégalais. On peut l’associer à n’importe quel vêtement, comme un jean ou un pagne ». Ou comme celle une chemise et une paire de leggings noirs. « On peut aussi l’agrémenter de moult accessoires », décrivait en jun dernier la styliste dans Jeune Afrique. Pour compléter son boubou à 90 000 francs CFA (environ 150 dollars), Khadija Aisha Ba a elle choisi un turban vert en soie sauvage, des bagues stylisées et des bracelets en bronze inspirés des créoles fulani.

Désireuse de proposer des pièces « multigénérationnelles » dessinées pour pouvoir jouer avec les époques, l’ancienne étudiante en droit des affaires est une amoureuse de l’Afrique. C’est sa diversité qu’elle veut mettre en valeur dans les créations de l’Artisane, disponibles à Dakar, Paris, Lagos, New York et bientôt sur sa propre boutique en ligne. La Toile est déjà un terrain de séduction pour la styliste. Elle l’assure : 20% de sa clientèle s’est constituée sur Instagram. « Mon ambition est de montrer au monde les différentes facettes de cette Afrique qui regarde vers ses traditions pour créer de la modernité », résume-t-elle dans Elle Décoration.