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Le street art égaye les rues de Casablanca

Publié le 30 juillet 2018

La plus grande ville marocaine a accueilli, pour la cinquième année consécutive, le festival Sbagha Bagha qui met en avant les meilleurs muralistes de la planète.

Toiles de béton et de brique, elles sont le support des états d’âme des artistes. Pages blanches gigantesques, elles permettent aux créateurs de déclarer au monde les sentiments qui bouillonnent au plus profond de leur âme. Les fresques murales sont un art à part entière et pour la cinquième année consécutive, le festival de Street Art Sbagha Bagha a permis à quatre “performers” de renom d’éclabousser de tous leurs talents les murs de Casablanca. Du 25 juin au 1er juillet, le marocain Ed, la canadienne Danae, le belge Roa et le Mexicain Werc ont pu faire découvrir aux passants leur univers commun et leur fascination pour le monde animal et son intégration par l’art.

Le muraliste flamand a ainsi composé une œuvre pleine d’écailles sur laquelle une tortue surplombait un serpent portant un caméléon. À la fin du Boulevard Zerktouni, le graffeur Werc a peint un lapin-homme-panthère dans des tons rose bonbon qui tranchaient avec le bleu de l’océan voisin. L’artiste canadienne a, elle, imaginé une figure aux formes étranges avec une queue de poisson et trois cornes. Près de la mosquée Hassan II, Ed, qui réalisait son premier mur en solo, a été plus conservateur avec une fresque inspirée de la vie locale.

Pour consolider le pont édifié lors de la précédente édition entre la BD et le muralisme, Sbagha Bagha a invité quatre membres du collectif SkefKef pour qu’ils créent une bande dessinée sur un mur en plein cœur de l’ancienne médina. Ces vignettes géantes et colorées montrent une jeune fille recueillant un poisson pour lui faire un câlin avant de finalement le remettre dans l’eau.

Fêter la rue pour y laisser son empreinte

Pour la seconde année consécutive, le festival de street art a également organisé une « battle » de trois jours entre douze artistes sélectionnés par un jury. « Cette battle vise à challenger la communauté artistique, à créer de l’émulation mais aussi – plus spontanément – à fêter la rue puisque l’événement sera ponctué de performances musicales en live et de la réalisation d’un mur collectif par le jury et les compétiteurs, expliquent les promoteurs de ce rendez-vous culturel incontournable à Casa. Se retrouver, peindre, discuter, créer, réfléchir, se challenger, transmettre, s’amuser, se rencontrer et laisser son empreinte… Voilà ce que Sbagha Bagha vous réserve. »

Ce festival n’existerait pas sans l’EAC-L’Boulvart. Cette association à but non lucratif, qui milite pour la promotion et le développement de la culture urbaine au Maroc, organise également depuis 1999 à Casablanca L’Boulevard Festival consacré à la musique citadine. Elle a aussi mis en place en 2009 le Festival Remp’Arts à Azemmour, dédié aux arts plastiques. Et depuis 2015, les murs de Rabat s’égayent grâce aux fresques murales peintes pendant le Jidar. L’art urbain connaît clairement un véritable essor dans l’ensemble du Maroc. On a hâte de voir de le voir décorer les rues d’Abidjan, Dakar, Accra, Tunis, Alger, Cotonou ou Lagos.