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L’Afrofuturisme est-il l’avenir de l’Afrique ?

Publié le 17 mai 2018

Peut-on imaginer une Afrique innovante avec ses propres codes sociétaux ? Peut-on imaginer un continent émancipé du capitalisme à la sauce occidentale ? C’est ce que propose l’Afroturisme et MyChicAfrica n’y est pas insensible…

La panthère noire a sorti ses griffes. Le succès mondial de la superproduction des Studios Marvel Black Panther a remis au goût du jour l’afrofuturisme. Impulsé dans les années 60 et conceptualisé en 1994, ce terme désigne un mouvement culturel extrêmement vaste et complexe. « L’afro-futurisme explore le futur dans un contexte noir, associant technologie et fantastique pour fournir, à travers la musique, le arts plastiques et la littérature, une échappatoire à un passé d’oppression et de la malaises quotidiens », juge Mawena Yehouessi sur le site blackstothefuture.com.

Manifestation émancipatrice du peuple noir pour les uns, effet de mode pour les autres, l’afrofuturisme met en avant des artistes au talent indéniable. Parmi les œuvres fondamentales de ce mouvement, on peut citer les romans de Samuel Delany et Octabia Butler; les toiles de Jean-Michel Basquiat et Angelbert Metoyer ou la photographie de Renée Cox ainsi les mythes explicitement extraterrestres du musicien Sun Ra qui se disait originaire de Saturne. Trouver une cohérence dans cet inventaire à la Prévert n’est toutefois pas aisé. « Quels points communs entre la romancière sud-africaine Lauren Beukes (Les Lumineuses, Zoo City, Moxyland…) et la plasticienne kényane Wangechi Mutu, s’interroge Jeune Afrique dans une article intitulé « L’afrofuturisme, une utopie ? ». Quelles similarités entre les sculptures habillées de wax de Yinka Shonibare et les extraterrestres du film District 9? » Black Panther apporte une nouvelle pierre à cette édifice pour le moins hétéroclite.

Un blockbuster comme nouvel étendard

Cette super-production de Marvel, qui a généré plus de 1,3 milliard de dollars au box-office est le premier film de science-fiction traditionnel à être mis en place en Afrique et à présenter un casting principalement noir,  L’intrigue tourne autour du sort de Wakanda, un pays qui a échappé à la colonisation et, grâce à un métal miracle appelé vibranium, a développé une technologie très avancée. Ceci est directement lié à l’utilisation originale du terme afrofuturisme. Ce savant mélange entre le passé et le futur se retrouve chez plusieurs architectes africains comme le Burkinabé Diébédo Francis Kéré qui a dessiné le Pavillon Serpentine à Londres. Dans le cinéma, les faibles moyens financiers dont disposent les réalisateurs en Afrique limitent leurs capacités à exprimer leurs envies. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Black Panther a été produit à Hollywood et non pas à Bamako, Abidjan ou Lomé… District 9 est un peu l’exception qui confirme cette règle mais ce long-métrage de science-fiction qui se déroule en Afrique du Sud n’aurait jamais pu être tourné sans le soutien financier de producteurs américains et de Peter Jackson, le réalisateur notamment de la trilogie du Seigneur des anneaux et de King Kong.

Le renouveau de l’afrofuturisme représente avant tout une volonté des Africains de se réapproprier leur histoire, qui a été pendant de trop nombreuses années racontée par d’autres. “ Je pense que l’Afrique à son mot à dire par rapport au concept et à l’esthétique afro-futuriste. Si un jeune garçon me demande dans la rue ce qu’est l’afrofuturisme, je lui répondrai que c’est une prise de conscience, c’est l’Afrique moderne qui se tourne vers elle-même . L’afrofuturisme est un catalyseur qui permet de considérer la richesse de notre continent – qui, en plus, a énormément apporté à l’histoire du monde. Nous vivons entre le passé, le présent et le futur “, résume Ibaaku, la figure montante de la scène musicale sénégalaise.