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Ahouakro, un parc d'attraction néolithique gravé dans la roche

Publié le 10 décembre 2018

Cela fait douze ans maintenant que le parc archéologique d’Ahouakro, niché entre Abidjan et Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, fait partie des trésors mondiaux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Découverte d’une curiosité touristique encore trop méconnue.

Ils s’appellent Aklokoum, Essui Yoboué, Alongoya Yoboué ou encore Ahué Yoboué. Ce ne sont pas les membres d’un groupe de musique traditionnelle baoulé mais les noms donnés aux surprenantes formes naturelles des imposantes pierres de granites néolithiques qui s’affichent fièrement dans les 120 hectares du parc archéologique d’Ahouakro.

Qu’il soit balançoire, doigt, correcteur, de riz, de l’assemblée ou éléphant, chaque rocher de ce joyau aux vestiges préhistoriques possède une histoire aussi fascinante que la beauté de ce parc encore trop mal connu en Afrique de l’ouest.

Situé entre 300 et 500 m d’altitude au milieu d’un massif allongé de roches magmatiques, Ahouakro, qui tient son nom du premier occupant de la localité, Nanan Koffi Ahoua, mérite de rouler 145 km en partant d’Abidjan, direction le nord et la capitale de la Côte d’Ivoire, Yamoussoukro.

La principale attraction, pour le moins majestueuse et fascinante, réside, vous l’aurez compris, dans la disposition naturelle de ses monuments, l’immensité de leur taille et la diversité de leurs formes.

Entre anthropologie et de mysticisme

Le parc, dominé par des formations végétales caractéristiques de la lisière forêt-savane, se trouve en effet au sein d’un massif fait de mégalithes magmatiques essentiellement composées d’oligoclase, de quartz, de hornblende et de biotites vertes. Les experts auront compris. Pour vulgariser on dira que cet ensemble exceptionnellement rare est daté du paléo protérozoïque moyen, soit de -2300 à -2150 millions d’années.

La disposition des rochers est naturelle, les formes le sont aussi. La différence est que celles-ci sont dues à un processus d’érosion, ce qui leur confère un statut particulier leur donnant forcément un sens et une signification qui pour le curieux relève quasi d’un mélange d’anthropologie et de mysticisme.

Des vestiges de civilisations disparues

Pour comprendre les surnoms dont sont affublés les rochers granitiques, dont le volume varie entre quelques dizaines de mètres-cubes voire la centaine, il faut savoir que les populations locales baoulé, riveraines et gestionnaires du site, ont adopté des toponymie singulières et originales, en fonction des configurations particulières ou en fonction des significations religieuses.

Outre ses mégalithes, Ahouakro abrite également de nombreux vestiges de civilisations disparues. On y découvre par exemple des ateliers de polissage, des traces d’affûtage d’outils et des monuments striés au décor artistique.

Selon la coutume, à la veille de la visite du parc, le chef procède à un rituel qui consiste à immoler un mouton pour le génie de la colline et à offrir un poulet au génie des rochers. Sachez le.