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Le Mozambique, la belle inconnue aux 2000 km de côtes

Publié le 27 juillet 2018

Sur un bijou de côte de 2 000 km, bordant l’Océan indien, le Mozambique regorge de délices, en particulier sous-marins. Encore préservé du tourisme de masse, de Zavora à Vilanculos, « le petit Qatar » d’Afrique de l’Est revêt ses plus beaux apparats.

Sur sa route des Indes, en 1498, Vasco de Gama fit une halte de cinq jours dans la magnificence d’une côte en Afrique australe. Avec cette escale, le navigateur lusitanien donne à Inhambane un surnom : la terre des gens aimables. La louange vaut pour toute une nation. Ce peuple attachant, Dame nature l’a pourri gâté d’une côte de 2 000 kilomètres sans équivalent. La guerre civile (1976-1992) ne lui a pas enlevé un iota de son charme unique. Authentique et sauvage. Gracieuse et raffinée. Le Mozambique est comme une femme fatale : un seul sourire dans l’embrasure d’une porte, et vous tombez amoureux.

De ce territoire majestueux de quelque 800 000 km², bordé par l’océan Indien, on loue souvent avec lyrisme les plages étendues au sable blanc. Mais la côte du Mozambique n’est pas que cette carte postale de paysages à vous embraser le cœur. Elle a ce petit quelque chose en plus : un parfum d’aventure. Entre la capitale Maputo, au Sud, et le grand port de Beira au Nord, Inhambane offre ses délices. Couverte par une étendue de cocotiers et d’anacardiers, cette province de plus d’un million de chanceuses âmes est une des plus riches au niveau touristique. Son principal trésor ? Des richesses sous-marines qui ont fait de ses trois principaux joyaux, Zavora, Tofo et Vilanculos, un triptyque rimant avec magique.

Un paradis pour plongeur

Si dans chaque inconvénient sommeille un avantage, celui d’arriver de nuit à Praia de Tofo est évident : au réveil, sa majesté décuple la douce impression du temps qui s’arrête. Le petit-déjeuner matinal, les pieds dans le sable dans un silence monacal, valait bien les tracas du trajet. On s’endort sur le bruit des vagues, on se réveille dans une baie avec, pour seule vue, les écumes d’une plage d’une beauté pure. A une vingtaine de kilomètres de la ville coloniale d’Inhambane, Tofo, avec son petit village de pêcheurs, dégage un envoûtant sentiment de bien-être. En journée, ce paradis aquatique s’articule autour d’un marché coloré rythmé par le passage d’hommes-grenouilles en combinaison, descendant vers la plage pour la traditionnelle et folklorique mise à l’eau du bateau de plongée.

Ici, la plupart des touristes occidentaux sont des plongeurs. Et ils sont comblés : requin baleine toute l’année (et principalement d’octobre à mai), raies manta, dauphins, bancs de ludjans et tharzards. Les baleines viennent y mettre bas de juin à septembre et les tortues profitent des plages immenses pour venir pondre au mois de janvier. A Tofo, le bien nommé “océan safari” est un immanquable. Surf, kitesurf, planche à voile, balades en quad ou à cheval peuvent aussi meubler des journées trop courtes, ponctuées d’un magistral coucher de soleil.

Un petit déjeuner avec les baleines

Après une semaine, il est temps de se refaire un “Camel Trophy” en voiture de location pour rallier Vilanculos, autre eden balnéaire et de plongée. Le décor est différent, l’atmosphère, également. Mais la splendeur identique. C’est une ville qui borde une plage dont les marées font l’onctuosité. Le retour des pêcheurs sur la plage, en début d’après-midi, avec leurs kilos de poissons, calamars, crabes et crevettes, vous rappelle qu’ici, la mer est un style de vie. Et ici, la dune est un monument iconique. La dune, c’est celle de Bazaruto, la perle du parc naturel éponyme. À 45 minutes de bateau de Vilanculos, ses îles à l’eau bleue turquoise et au sable farineux constituent un des meilleurs sites de la côte est africaine pour le “snorkling” et la plongée. Un aquarium géant avec, pour pause déjeuner, un cadre surréaliste de sublimité.

Quitter Vilanculos et sa dolce vita fend le cœur. Mais Inhambane dispose d’un autre atout dans son jeu : Zavora. Entre Tofu et Xai-Xai, au Sud, un “lodge” comme unique infrastructure hôtelière et des kilomètres de plage avec des chiens pour uniques compagnons. Et surtout des baleines. Partout. Tout le temps. Vous prenez votre petit-déjeuner avec elles, sur une terrasse en bois sur pilotis, vous plongez avec elles, vous vous endormez avec elles. Un régal. Au “Zavora Lodge”, la nature s’offre nue. Sans aucun artifice. A l’image de ce Mozambique encore trop sauvage pour succomber au tourisme de masse.

Comme Naples, il faut avoir vu Pomene au moins une fois dans sa vie. Sa baie, située à une centaine de kilomètres au nord d’Inhambane, est un des sites les plus pittoresques, perdus et authentiques du Mozambique. Accessible uniquement en 4×4 par une route aux faux-semblants du parc national de Gorongosa, avec terre battue rouge, savane et étendue aride à perte de vue, le lieu a su préserver une beauté sauvage. À l’image du Mozambique.